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UN RITUEL DE PASSAGE DE L’ESPACE PROFANE VERS L’ESPACE SACRE

 

Le salut rituel permet de passer de l’espace profane, considéré comme étant l’espace public placé à l’extérieur du temple taoïste (Dao Guan 道 觀 ), vers l’espace sacré, considéré comme espace privé placé à l’intérieur du temple. Bien évidemment aujourd’hui, ces notions de profane et de sacré ne tombent pas sous le sens puisque la plupart des lieux sont maintenant ouverts aux touristes. On voit tout au plus des interdictions de prendre des photos à l’intérieur, ce qui est un vœu pieu, car à l’heure du « tout accessible » peu de gens respectent vraiment ses interdictions. Mais, on rencontrera toujours des portes closes à l’abri des regards extérieurs des « non-initiés », un accès secret pour un lieu sacré, où seul seront admis ceux qui auront montré « patte blanche ».

 

Temple taoïste du mont Wu Dang

 

«Accéder au temple dans la posture de l’homme libre »

Prendre la posture debout Wu Ji 無 極 “non faîte” dite naturelle, spontanée, libre... C’est un homme présent dans la liberté d’être et de se mouvoir, qui n’est pas contraint par l’identité des espaces, sa force de présence réside aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur il fusionne, unifie les mondes profane et sacré. Les espaces, il les pénètre tous par la simple spontanéité de sa présence. Elle est dans la posture de “l’homme libre”prêt à tout recevoir et à concevoir sans idées préconçues.

« Se présenter sur le perron face à la porte sud du temple »

Réunir les talons à l’aplomb de l’axe central du corps, réunir les doigts en direction du périnée. C’est la mise en rectitude, on « se réajuste » sur l’axe entre ciel et terre, on se remet d’aplomb, comme si on s’ajustait avant de frapper à la porte pour un rendez-vous important. C’est la position du « garde à vous ! » sans rigidité excessive. Il est à noter pour la circonstance, que c’est l’aspirant (celui qui aspire à devenir disciple) qui se présente à la porte, il n’est pas encore le disciple du temple, il fait face au nord. En revanche, le jour où il se représentera à la porte sud du temple pour en sortir, il se trouvera face au sud dans la stature du Maître initié ou réalisé.

 

Temple taoïste de Chong Fu

« Signifier sa présence aux membres du temple »

Amener les doigts en direction de l’ombilic puis, refermer les poings de part et d’autre de la taille en affermissant l’appui du corps sur les talons. C’est la phase de mise en mouvement où s’affirme l’aspiration profonde Zhi 志, de l’adepte à vouloir être admis comme disciple, il montre là toute sa force de résolution et de détermination. Pour apprendre, l’aspirant doit établir fermement et de façon durable son Zhi qui est la racine de la construction de son destin Ming 命 au sein de la communauté des initiés.

 

« Former le sceau MING »

Venir enserrer au niveau du plexus le poing droit dans la main gauche. La formation du sceau MING révèle votre lien identitaire avec la communauté taoïste, ce signe relie l’adepte avec le monde du taoïsme. Celui-ci se présente à la porte avec une marque majeure telle une lettre d’introduction ou de recommandation signée d’un sceau reconnu par la communauté du temple. Le sceau Ming est sacré, image du Grand Faîte Tai Ji 太 極, il est la clef de la porte du temple taoïste, le symbole qui en ouvre l’accés.

 

« La barre de la porte est enlevée »

Réunir les poings en direction du plexus et les élever progressivement vers la base de la gorge. C’est le passage de la ligne des clavicules qui exprime le moment où la barre de la porte est enlevée. La racine du mot clavicule signifie “Clé”, c’est l’ultime verrou avant d’atteindre l’espace des centres supérieurs dits célestes, ici l’accés au monde céleste s’établit au-delà de la porte et au sein du temple où résident les Maîtres célestes Tian Shi 天師.

 

« Saluer en forme de reconnaissance et de gratitude »

Écarter les mains de chaque côté puis les réunir “paume contre paume” au niveau du front, et incliner le corps vers l’avant. Le temple ouvre ses portes, l’homme qui se trouve devant la porte est donc admis et accueilli (Jie Dai 接 待) en son sein, il s’incline  respectueusement en signe de reconnaissance et de gratitude.

« Ouverture de la grande porte »

Décoller les mains tout en maintenant le contact des pouces et des index (ceux-ci forment un triangle qui symbolise la manifestation de l’esprit Shen 神). Élever les bras tendus au-dessus de la tête, puis les ouvrir dans un large cercle jusqu’à réunir les mains à nouveau au niveau du périnée.

« Passer le perron et entrer »

Faîtes un pas vers l’avant, puis ramener l’autre pied vers l’avant à la hauteur du premier.

 

 « Saluer l’espace sacré »

En s’inclinant légèrement vers l’avant, on salue l’espace sacré au centre de la cour intérieure du temple qui est le carrefour des activités du lieu et l’espace préservé de la pratique des initiés. La notion d’espace sacré figure le temple Si 寺, dont le caractère conjugue les caractères : Tu 土 terre, sol, terrain et Cun 寸 mesure (en pouce). Dans son expression la plus épurée, une aire sacrée est un espace proprement mesuré : « la juste mesure permet la pratique… » (Zhuang Zi II)

 

Totem à la cité interdite

Une étude plus approfondie de la graphie antique   montre en haut un terrain au milieu duquel est un arbre dont le développement est harmonieux de part et d’autre de l’espace ou un totem. En dessous, une main saisissant un instrument de mesure (étalonné), voire également une pelle qui sert à nettoyer et niveler un terrain afin d'y pratiquer un rituel (pelle rituelle des bouddhistes Chan 禪 ).

 

 

 

Temple de QingYang

« Saluer ses pairs »

En réunissant « Poing et Paume » et diriger son salut entre est et ouest Dong Xi 東西, en direction de l’ensemble des pratiquants dans le respect de la hiérarchie et de l’ancienneté. Cette forme de salut balayant en quelque sorte l’horizon s’opère d’abord de la gauche vers la droite dans la position du salut Ming 明(la main gauche enserre le poing droit) , puis de la droite vers la gauche dans la position du salut Qing 晴(la main droite enserre le poing gauche) ; de façon à ce que la main ouverte pousse le poing.

 

Salut Ming la main gauche enserre le poing droit :

Dans un mouvement des mains dextrogyre (vers la droite) s’exprime le mouvement d’éveil de la clarté Wan  (svastika). La signification de Ming : Clair, Brillant, Ouvert… montre l’ascension de l’astre solaire du levant vers le zénith, l’extériorisation, la montée de l’activité. C’est l’image, d’un soleil d’or s’élevant dans une belle matinée printanière.

 

Salut Qing la main droite enserre le poing gauche :

Dans un mouvement sénestrogyre (vers la gauche) se produit l’obscurcissement de la lumière  (sauvastika). La signification de Qing : Clair, Serein… accompagne la descendante de l’astre solaire du zénith vers le couchant et la présence au-delà, de la clarté lunaire montant dans le ciel. C’est l’image d’un soleil blanc automnal déclinant et de l’apparition de la clarté lunaire argentée. C’est le mouvement serein du retour au repos, une phase d’intériorisation dans la clarté nocturne. L’effet Qing peut être particulièrement ressenti dans l’atmosphère claire et sereine succédant l’orage.

 

 

Le salut Wei 維

“Joindre les mains et rompre avec la dualité”

Depuis quelques années Georges Charles a tenu à associer au salut rituel un geste final où les mains se joignent devant le visage. Pour Georges, il était dommage de terminer le salut par une séparation, l’ajout de la particule finale permet maintenant de signifier par l’action “Wei”: la réunion et par le fait de maintenir ensemble, préserver, unir, concentrer l’esprit et d’observer le principe fondamental de la pratique de “Rompre la dualité”.

 Wei

Le principe fondamental: “Rompre la dualité”.

Ce principe peut être observé à différents niveaux, nous proposons quelques voies d’exploration de ses applications possibles dans la pratique:

-         S’agissant du salut à la pratique:rompre la dualité entre les pratiques internes et externes; entre l’avant, le pendant, et l’après de la pratique (l’activité et le repos qui sont toujours de la pratique)...

 

-         S’agissant du salut à l’outil de la pratique: rompre la dualité  entre le corps et les instruments de la pratique (armes), Rompre la dualité entre le corps et l'esprit et réciproquement en rendant le corps souple et fluide comme l'esprit et l'esprit lourd et dense comme le corps...

 

-         S’agissant du salut à l’espace de pratique: rompre la dualité entre le lieu sacralisé Dao Guan  道 觀 et les espaces profanes qui sont autant de lieux aux potentiels propices à la pratique. La pratique dans le Dao Guan ne doit pas occulter, ni même interdire la pratique ailleurs, un simple ménage suffira souvent à offrir un espace de pratique.

 

-         S’agissant du salut au Maître, à l’enseignant, à l’assistant, aux pratiquants: rompre la dualité, c’est faire directement référence au respect du principe d’équanimité entre les êtres vivants. Quel que soit leur statut d’ancien ou de débutant, sans adulation au Maître ou de mépris du débutant; les pratiquants, de part leur nature fondamentalement Bonne, échangent pour oeuvrer dans un but collectif de paix et d’harmonie: “Entre les quatre mers, tous les hommes et les femmes sont frères et sœurs!”

 

 

Enfin, conformément à la mémoire de Wang Shou Ren alias Wang Yang Ming (dynastie Ming 1472-1529), trèsor spirituel de l’école San Yi Quan, il s’agira de rompre la dualité entre la connaissance Zhi 知 et la réalisation de cette connaissance par l'action Xing 行: rendre indissociable la connaissance et l' action:

Zhi xing He Yi 知 行 合 一

 

 

 

Retrouver au final la posture de l’homme libre WU JI.

Note finale de Georges Charles:

“Ce dernier salut permet d'exercer trois Saluts. le premier au niveau dit inférieur. Le second au niveau dit moyen. Le troisième au niveau supérieur. Ce sont la Terre, la Multitude des Etres et des Choses dont l'Etre humain fait partie, et le Ciel. Ces Trois (San ) s'unissent et s'harmonisent en Un (Yi ). C'est à la fois San Yi et San (Jiao ) He Yi. Ces "Trois" qui s'harmonisent et s'unissent en Un. Mais ce salut permet aussi d'agir sur 12 temps, donc un cycle complet et surtout 1 + 2 = 3 donc l'Unité (Yi) et la Multitude (Wan ). Yi Wan一萬 c'est (Ni Huan) l'Illumination. On revient à la Clarté et la Pureté.  Tao engendre Un - Un engendre Deux - Deux engendre Trois - Trois engendre la Multitude. C'est rompre la dualité, mais aussi l'unité ! On peut dire que l'on passe alors, de la conception de l'univers, universalité, bien occidentale vers le Tao, c'est à la fois universel pour l'occident et multiversel pour le Tao. Si il existe un univers il doit bien exister deux multivers et "autre chose encore".” 

 

HUANG ZHU

黃 豬

 

ANNÉE DU COCHON DE TENDANCE TERRE YIN

 

COCHON DU MONASTÈRE

 

 Le 4 février 2019

4717ème année du cycle qui a débuté à l’intérieur des plaines de la future Chine dans la période lointaine de l’empereur jaune (environ 2600 av JC).

Combinaison de la période JI (6ème pilier céleste) et de la période  HAI (12ème rameaux terrestre).

 

COCHON JAUNE

L’influence du 36ème cycle nommé « JI HAI » signe du COCHON de TERRE de nature YIN

JI ; soi-même ; rétraction vers le centre

 

HAI ; repos et activités hivernale à l’intérieur du refuge

 

COCHON- SANGLIER : un double aspect domestique et sauvage

Animal de bon augure en matière de prospérité familiale. Vos capacités de prise en charge d’autrui sont vos qualités. Altruisme (al-truisme !) vous faîtes don de votre corps pour nourrir votre prochain, pour cause vous êtes la vedette de la charcuterie et de nombreux mets reconnus mondialement.

 

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